« Desproges, en gros caractère »

Un portrait vivant et enlevé de Pierre Desproges, homme empli de contradictions et si attachant, dont l’humour politiquement incorrect manque cruellement à notre époque.
En 1976, Pierre Desproges (1939-1988) décide de claquer la porte du légendaire Petit Rapporteur pour se laisser aller à des circonlocutions langagières capables de percuter le sens commun. Et c’est ainsi que surgit, il y a exactement un demi-siècle, la figure de proue du politiquement incorrect .
La satire de haut vol, le stand up et la grande littérature révèlent alors chez ce  » fils  » de Pierre Dac, d’Alexandre Vialatte et de Michel Audiard une incarnation aboutie de l’humour noir jubilatoire. Desproges, c’est notre mauvaise conscience qui s’encanaille. Etonnant, non ? Ce même artiste, devenu plus tard procureur au Tribunal des flagrants délires , invente une rhétorique radiophonique ravageuse en nous gratifiant de mots taillés comme des diamants pour écorcher les bienpensants.
Avec, en prime, le sentiment aigu de posséder une bouille d’enfant pour s’attirer toutes les indulgences.
D’une plume vive et sensible, Jean-Michel Djian nous croque ici, plus qu’un saltimbanque torturé, la figure libre et emblématique d’une génération pour qui la montée en puissance de la bêtise humaine et de l’ absurdité du monde justifiait tous les excès de langage.

Jean- Michel Djian
Jean- Michel Djian est journaliste et ancien rédacteur en chef du Monde de l’Education. Producteur à France Culture  mais aussi réalisateur de nombreux documentaires pour Arte et France Télévisions  (  De Gaulle la fin d’un règne; François Mitterrand à bout portant; Rimbaud le roman de Harar,  Edgar Morin le journal d’une vie;  Moi, Michel Rocard j’irai dormir en Corse etc..) il  est l’auteur d’une vingtaine d’essais et biographies parmi lesquelles , Léopold Sédar Sengor, Amadou Kourouma, Ivan Illich, l’homme qui a libéré l’avenir  et Ernest Renan, le géant oublié. « Pierre Desproges en gros caractère » est sa dernière publication ( au Cherche midi)