« Le siège de Léningrad »

Le siège que subit Leningrad (ex Saint-Pétersbourg) durant près de 900 jours (1941-1944) par les Allemands et leurs alliés est l’un des épisodes les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale. Les nazis y appliquent une politique d’anéantissement, qui fait au moins 1,8 million de victimes, dont la moitié de civils. Les assiégés se trouvent confrontés non seulement à la barbarie nazie, avec ses bombardements quotidiens, mais aussi à l’environnement coercitif du régime stalinien. Leur lutte pour la survie se fait sous le pilonnage constant de l’artillerie ennemie, dans des conditions de famine extrême, de soif, de ténèbres et d’isolement.Longtemps censuré par la propagande soviétique mais encore mythifié dans la Russie poutinienne qui en fait une fresque héroïque, cet épisode tragique est très révélateur des tensions qui entourent la mémoire de la guerre en Russie. Sarah Gruszka, qui y a consacré une thèse monumentale, nous offre une approche inédite : outre les événements militaires et les questions stratégiques de ce siège meurtrier, elle analyse, à partir de journaux intimes, la vie, les émotions, les difficultés et les espoirs des assiégés eux-mêmes.

Sarah Gruszka

Sarah Gruszka est historienne, chercheuse à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et associée à Sorbonne Université. Ses recherches portent sur l’expérience personnelle d’une situation de violence extrême (guerre, autoritarisme, famine). Elle s’intéresse également aux enjeux mémoriels de la Seconde Guerre mondiale en Russie.

Elle a co-fondé plusieurs projets de recherche collectifs (Le cadavre dans la culture russeRUS-OP : les citoyens russes face à la guerre en Ukraine) ainsi que deux projets internationaux : Holocaust Diaries Project en partenariat avec l’Allemagne et le projet GUERROÏSMES en partenariat avec le Canada.

Après avoir été conduites pendant dix ans en Russie, les recherches de Sarah Gruszka l’ont récemment menée aux États-Unis, en Angleterre et en Pologne.

Elle est l’auteure du livre Le Siège de Leningrad. Septembre 1941-Janvier 1944 paru aux éditions Tallandier (2024 puis réédité en 2026), préfacé par Nicolas Werth, qui a remporté le Prix lycéen du Livre d’Histoire 2025, ainsi que de nombreux articles publiés en France et à l’étranger. Parmi les publications d’ouvrages qu’elle a coordonnées, on peut citer Cadavres soviétiques. Enjeux esthétiques, politiques et mémoriels en contexte de violence de guerre et de violence d’État, Paris, éditions Petra (2025, co-direction Claire Delaunay).